Pouetpouetpoete

Voyager

Archive pour décembre, 2014

En fait.

Posté : 17 décembre, 2014 @ 4:47 dans blabla | Pas de commentaires »

C’est

Originalement

Métaphysique,

Presque

Rationnel

Et

Non

Débilement

Ringard

-En fait.

Pourquoi le monde est comme ça ? (2)

Posté : 3 décembre, 2014 @ 9:37 dans blabla | Pas de commentaires »

Il fait nuit noire sur la grande ville endormie, les lampadaires éclairent d’une lumière froide les rues désertes. Le fleuve coupe la ville en deux, semblant être à cette heure presque la seule entité animée d’un mouvement. Il coule, ses eaux noires absorbant les flaibardes lumières jaunes d’un pont de pierre qui l’enjambe. Une jeune fille est debout sur le parapet face au fleuve. Droite, roide, ses yeux n’admirent pas la ville illuminée froidement par la nuit et calme par le sommeil. Son regard est pour le noir du fleuve qui est comme à ses pieds. Sa voix douce, même son murmure, tranche d’un coup le silence.

« Pourquoi le monde est comme ça ? »

Elle écoute un instant le bruit de sa respiration qui se mêle à celle des eaux. Puis elle murmure à nouveau, en s’adressant au fleuve :

« Est-ce que toi tu le sais ? »

Ses yeux sont vides. Le fleuve imperturbable continue de couler. Il ne s’arrêtera pas, la jeune fille le sait. Il ne s’arrêtera pas. Personne n’a jamais ne serait-ce que ralentit sa course pour elle. Ni le fleuve ni quiconque. Il ne s’arrêtera pas. Elle expire, doucement.

Et comme une litanie maintes fois répéter, comme un dicton maintes fois haï -comme l’air qui tourne et tourne en boucle en elle- ses lèvres laissent échapper des lettres, des syllabes puis des mots .

« Seule sur les ponts de ma vie.

Seule parmi ma folie. »

Cela s’arrête,mais ce n’est pas finis, elle le sait. Alors encore plus doucement, la litanie reprend son cour, laissant s’échapper comme une caresse sur le vent sa dernière phrase.

« Seule sur les ponts de ma vie

Seule parmi ma folie

-Pour la quitter un seul pas suffit. »

Ses yeux sont dans le fleuve. Les eaux noires. Si noires. Elles l’aiment, l’aimantent, l’attirent.Elles chuchotent, murmurent et offrent des promesses. Des promesses si douces à entendre, à écouter. La jeune fille les regarde, se laisse bercer par elles, les pupilles toujours vides. Et d’un coup, sans dévier le regard, elle parle, elle parle plus fort, bien plus fort pour la première fois que les murmures du fleuve.

« Mais j’ai gagner. »

Des larmes tombent goutte à goutte dans les eaux noires.

« Je ne sais pas pourquoi le monde est comme ça. Peut-être que toi tu le sais. Mais je sais que j’ai gagner, et que tu as perdu. » Elle s’arrête à nouveau. Les larmes ne coulent plus de ces orbites vides.

« Un seul pas suffit.  » Et doucement, lentement, elle fait un pas, un seul. Les yeux toujours dans le fleuve.

Un pas.

En arrière.

Elle descend du parapet. Elle est seule sur le pont. Mais elle est plus forte que n’importe qui. Elle se sent des mâchoires assez larges pour gober le monde entier.

Il fait nuit noire sur la grande ville endormie, les lampadaires éclairent d’une lumière froide les rues désertes -ou presque.

 

 

 

 

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