Pouetpouetpoete

Voyager

Archive pour mars, 2015

Dans le cabinet d’un psychiatre

Posté : 27 mars, 2015 @ 11:34 dans blabla | Pas de commentaires »

Des proches,de la famille ont menés l’homme jusqu’à la salle d’attente. Une dame aimable arrive. « C’est à vous » dit-elle, avant de le faire vite rentrer dans le cabinet. Un divan fait face à une table basse, le psychiatre est assis dans un large fauteuil, juste devant un guéridon supportant un vase d’Auteuil. Il lui désigne le divan, et lui dit d’une voix égale : « Je vous en prie asseyez-vous.  » L’homme s’exécute et le psychiatre, calme, lance son premier uppercut.

« Alors dites-moi, dites-moi, dites-moi tout. »

L’homme, bougon, lui répond:

« Je n’ai pas envie de vous déballez ma vie. »

« Mais c’est pour cela que vous êtes ici, racontez allez-y ! »

« Racontez,racontez tous vous n’avez que ce mot-là à la bouche ! » L’homme s’énerve, d’un coup se lève, puis s’agite.  » ‘Aller, déballe tes soucis’ par-ci, par-là,’c'est quoi t’as pas d’amis?’ Vous voulez que je vous dise quoi ?! »

Le psychiatre prend des notes, impassible.

« Je sais pas quoi faire de ma vie, je me sens seul, inutile?! » Maintenant l’homme crie.

« Mais quand est-ce que vous comprendrez ??! » Vivement, il attrape la table basse, la retourne -elle se fracasse. Le psychiatre ouvre des yeux globuleux.L’homme attrape le vase.

« Moi tout ce que je veut,  c’est quelqu’un qui m’ouvre les bras, là, pour que j’aille m’y blottir sans que je n’ai rien à dire. » Le vase valse au sol, dans un crissement de verres. Le psychiatre ne prend plus aucunes notes, l’homme dans sa colère danse furieusement entre les étagères -touts les bibelots redescendent sur terre.

« Ce n’est pas bien compliquer, je veut juste qu’on m’aime un peu, en cessant de s’interroger du pourquoi du comment ! » Violemment le divan découvre un nouveau sens à l’existence. Dorénavant tout est sans dessus dessous, fracassé -sauf le fauteuil et son psychiatre, et d’un coup l’homme  ahanant se calme, s’arrête. Il redresse alors la tête pour déclamer :

« J’existe, et je suis triste, mais pourquoi me demander pourquoi alors qu’il suffit de me prendre entre ses bras…  » Enfin, il  sert les poings, marche vers la porte, crie « merde ! » à la terre entière et puis s’en va.

 

Dans un crissement de verre le psychiatre se lève de son fauteuil. Il va à son guéridon dépourvu de vase d’Auteuil. Il y prend un cahier dans un tiroir. D’une main experte il l’ouvre. D’une autre il sort de sa poche un crayon. En face du nom Pierre Manchon il marque d’une écriture stylée « Besoins maternels » puis referme le cahier.

 

Dans une maison vide.

Posté : 25 mars, 2015 @ 10:37 dans blabla, Rhô que c'est bô... | Pas de commentaires »

Dans les méandres d’une petite maison vide

Sur le sol une silhouette est prostrée

Etre recroquevillé comme à son origine

Avec pour seul amnios le silence, les cendres.

De ses mains, de son buste, de son visage

Il n’y a plus que d’inexpressifs moulages

-Formes lisses d’un gris doux, tout est froid.

Il n’y a plus là le moindre cœur qui bat.

 

Les fresques aux murs vivement colorées

Témoignent d’une vie, d’un art qui à été

Avant d’être tout doucement fardé

Partout de ce gris – il y a un instant

Tout comme peut-être quatre vingts mille ans !

Les carreaux des fenêtres abrasés sont ouverts

Sur la ville et le silence de l’air stationnaire.

Dans les maisons, les ruelles, cachées

Partout c’est d’autres silhouettes figées,

-Ultimes recueillements ou prières,

Derniers étouffements de poussière.

 

Partout c’est un léger tapis, un film grisonnant

Qui fixe la scène dans un des immobiles

Méandres épargnés par le grand flux du Temps.

Je te porte.

Posté : 19 mars, 2015 @ 10:20 dans blabla | Pas de commentaires »

Il y a des gens que l’on porte en bijoux de familles.

Il y a des gens que l’on porte comme des cicatrices, certains qu’on supporte sur ses épaules et d’autres sur lesquels on se hisse.

Il y a des gens que l’on porte en armure cuirassée, d’autres comme des ailes prêtent à voler, certains nous emportent à rêver, et il y en a quelques uns que l’on porte dans son cœur.

S.T.R.E.S.S.

Posté : 19 mars, 2015 @ 9:55 dans blabla | Pas de commentaires »

Petite boule créée

Par notre société

Insidieuse capricieuse enkistée

Dans notre grand quotidien

Qu’elle dirige haut la main !

 

Court court petit Homme

Contre le temps -juteuse pomme,

C’est un combat perdu

Perdu d’avance,

J’espère que t’en -hey con!-

Conscience.

 

Cours cours en tout sens

Jusqu’à perdre haleine

Et celui de ta vie !

Cette petite boule vas-y

Sacre-la reine.

 

Le temps le temps lui

Il est plus rapide « mais attends

Attends-moi attends-nous vindiou !

Ca y est il est partit … »

Cours cours mon furet

Tu le rattrapera jamais.

Julie (2) -Vendredi 27 février.

Posté : 14 mars, 2015 @ 5:20 dans blabla | Pas de commentaires »

Quand rentre Julie 6 ans

De l’école mine réjouie

Son père est tranquillement

Dans la cuisine assis

A lire d’vant un verre d’eau

Dans le journal les infos.

 

« Vendredi 27 février

Déforestation, extinction…

Forêt tropicale en danger . »

 

Sans préambule Julie s’écrie

« Papa, Papa dit tu sais quoi

Moi quand j’s'rais grande

J’irais là-bas -en Amérique du Sud

Voir le Lac Titicaca

Puis en Amazonie

Pour voir les ouistitis !  »

Excitée elle grimpa

Sur les genoux d’son papa.

« J’deviendrais aussi

Chercheuse en biologie.

Tu sais pourquoi ?  »

« Non je sais pas.  »

-Son père sourit.

« Pour sauver les colibris

Des gros gros anacondas. »

 

Jeunesse sous sédatifs.

Posté : 12 mars, 2015 @ 7:15 dans blabla | Pas de commentaires »

Les vieux s’demandent

-Air de violon-

Où sont passé les longs tifs ?

Les fleurs -dangers du nucléaire-

Les beaux discours -paroles amères-

La liberté scandée , les outragées manif’ ?

 

-Oubli de l’Humanisme ?

Jeunesse sous sédatifs.-

 

A la bonne heure

Le monde est p’têtre meilleur

Qu’il y a cinquante ans

Ce n’est pas pour autant

Qu’il faut là s’reposer

Sous ses vastes lauriers !

 

-Regards vers l’terrorisme ?

Jeunesse sous sédatifs.-

 

Coupe - »c’est très bien ! »

Ton train-train quotidien

Cours achetez un Charlie

Dans ton canap’ oubli

Qu’à des miles d’ici

S’éteignent des milliers d’vies…

 

-Pattes d’èph’ sous négatifs

Jeunesse sous sédatifs ?-

 

Hey aujourd’hui on vit mieux

Que beaucoup de nos vieux

Mais dans c’monde-ci

Nos enfants s’ront-ils heureux ?

- »Demande. »

Posté : 6 mars, 2015 @ 3:59 dans blabla | 3 commentaires »

Je peut ? Bon. Alors voilà :

 

Je me demande

Où vont tous ces mots

Là que j’assemble

En des petits lots,

Pour les laisser ensuite

A la merci du regard

D’un inconnu goguenard

Lors d’une lecture… Sans suite.

Julie (1) – Mercredi 25 février-

Posté : 6 mars, 2015 @ 3:53 dans blabla, Fêlures | Pas de commentaires »

Dans le salon la télé est allumée

Dans la cuisine maman est affairée

Vers elle Julie accourt

-Les infos suivent leurs cours-

Le cadre est posé.

 

« Maman maman dis tu sais quoi

Moi quand je serais grande

J’irais au Sahara,

Dans le Djebel Amour

J’irais dire bonjour

Aux touaregs en Djellabas ! »

Elle sourit puis s’élance

Vers son lit, son livre d’images.

« [...] Mali : Nouvelle prise d’otages

L’Afrique ivre de violence

Boko Haram sévit [...] »

 

(Vite vite reviens Julie

Pour d’mander à sa mère

« Les courses de dromadaires

Tu crois qu’ça existe dit ? »)

 

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